13 Novembre 2016: Une année pour rester debout

Une année s’est écoulée.

Une année de douleur, car ce fut l’année des premières fois: premier Noël, premiers anniversaires, premières vacances, … sans Hugo. Avec pour question lancinante, celle posée par Ruben, son petit frère de 3 ans: « Il est où Hugo? ».

Impossible de répondre, d’expliquer à un enfant que son frère nous a été volé par des êtres inhumains, déchus à jamais de leur condition humaine. Alors nous lui avons dit que son frère était pour toujours dans son cœur avec toutes les personnes qu’il aime.

Nous avons découvert aussi qu’il nous fallait construire de nouveaux souvenirs, sans Hugo, mais où il aura toute sa place: « Tiens, si il était là, voilà ce qu’il aurait dit ou aurait pensé… ». Et puis nous nous sommes dit que de là où il est, il ne voudrait pas nous voir dans la douleur et dans la peine…

C’est ce que j’ai partagé avec les membres de l’association 13onze15, en découvrant que notre immense chagrin était identique, que la haine ne nous aiderait pas et que la colère pourrait nous permettre de faire en sorte que nos proches ne soient pas mort pour rien.

Et puis, avec les nombreux témoignages de soutien et d’empathie,  avec les proches et les amis de Hugo, nous avons avancé dans la nuit en essayant de mettre du sens là où il n’y en avait pas. Nous avons créé une bourse universitaire Jiyuu Hugo Sarrade qui permet à un étudiant de conjuguer ses rêves avec ceux de Hugo; partir étudier au Japon et découvrir cette culture magnifique. Nous avons créé un Citroën Méhari Rouge avec une bâche « Bleu, Blanc, Rouge ». Elle s’appelle « Hugo Spirit », depuis juin 2016 elle est mise en location sur le Bassin d’Arcachon et elle rapporte de l’argent pour soutenir la bourse. Des soirées, des marathons, des expositions  artistiques ont été imaginées pour amplifier nos faibles moyens. Avec les dons privés, ces moyens nous permettent d’envisager de décerner 2 bourses Jiyuu en 2017, une à Montpellier et une à Paris. C’est inespéré.

Et puis il y a eu, Orlando, Nice, Saint Etienne de Rouvray… et la certitude que, ici et là-bas, le combat reste le même. Le combat contre l’obscurantisme et le fanatisme pour sauvegarder notre démocratie et notre identité. J’ai rencontré aussi des parents d’enfants morts en Syrie. Car au-delà des bourreaux et des prédateurs de tout ordre qu’il faut mettre définitivement hors d’état de nuire, des jeunes adultes en phase de fragilité ont été savamment manipulés pour se retrouver en Syrie. Avant, c’était la drogue, les sectes et maintenant c’est en plus le Djihad qui cible notre jeunesse. J’ai rencontré des parents qui comme moi avaient perdu leur enfant et qui étaient stigmatisés entre culpabilité et incompréhension. Leur souffrance est la mienne.

Au bout d’une année de deuil privé et de deuil national, les victimes et familles de victimes sont toujours là, debouts.

Dans son  cimetière marin, Paul Valéry écrivait: « Le vent se lève!… il faut tenter de vivre! ». En regardant derrière moi le chemin parcouru à travers des vents contraires, j’ai toujours la tentation de vivre, car c’est ce qu’aurait voulu Hugo.

 

 

 

 

Une Réponse à “13 Novembre 2016: Une année pour rester debout”

  1. MASTOUR dit :

    Bonjour monsieur Sarrade,
    Je viens de lire dans le Midi Libre un article au sujet de Hugo et de vos actions pour que sa mémoire demeure vive. C’est la première fois que j’en prends connaissance. Je tiens à vous exprimer toute ma gratitude pour les intentions profondes qui vous animent et les actions à travers lesquelles vous les exprimez: vous lire m’a insufflé une saine énergie pour Aimer et Agir. Je vous souhaite la paix du cœur et que la lumière de Hugo continue d’éclairer votre chemin. Merci.

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